Certaines fois on a envie de tout plaquer. Laisser derrière soi toutes les casseroles. S’éloigner des gens nocifs. Crever les pneus de 3 ou 4 personnes et se barrer le cœur plus léger. Partir loin de tout et de tout le monde. Tout recommencer. Prendre une page blanche et réécrire une nouvelle histoire. L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs… Ou peut-être bien que si ! Qui sait ? On a le choix de se morfondre et de rester dans cet état jusqu’à la fin ou bien monter sur la première barque avec son baluchon sur le dos.

Pour d’autres la vie est une aventure et le chemin est parsemé de rencontres, d’opportunités. « Je ne me sens pas bien ici et pourquoi pas aller voir ailleurs? ». C’est ce qu’a fait cette famille chez qui nous avons loué la villa pendant notre séjour au Sénégal en décembre 2021. Ils ont décidé de quitter la France pour commencer un nouvelle vie sur un autre continent. Alors ça donne quoi la vie d’expatr au Sénégal?

Parfois il suffit juste d’essayer. Ne pas passer à côté de sa vie et n’avoir aucun regret.  Si tout le monde avait cette ambition, il y aurait moins de personnes déprimées, plus de bienveillance et plus d’épanouissement.

Je vous propose de découvrir le témoignage de Bénédicte qui s’est gentiment prêtée à l’exercice. J’y ajoute des réflexions personnelles et des leçons à en tirer.

Dans cet article vous y apprendrez:

  • Pourquoi elle a décider de quitter la France pour vivre dans un pays quasi inconnu?
  • Pourquoi elle a décider de revendre sa boulangerie qui marchait plutôt bien?
  • Combien ça coûte de construire une villa avec piscine au Sénégal?
  • Si elle regrette le choix qu’elle a fait.

L’interview c’est maintenant

Est-ce que tu pourrais te présenter ?

Je m’appelle Bénédicte, j’ai 40 ans. Je suis originaire de Tour. Ça fait bientôt 4 ans que j’ai quitter la France pour vivre au Sénégal avec mon mari et mes 2 enfants qui ont maintenant 10 et 13 ans.

De l’idée à la concrétisation

Comment vous est venue l’idée de devenir expat au Sénégal ?

« Un jour mon beau-frère est venu au Sénégal pour y passer quelques mois pour son travail. On en a profité pour venir le voir en vacances et c’est de là que tout est parti. »

Certaines fois les opportunités se présentent et il faut les saisir au vol. Je suis personnellement, sensible au signes qui nous sont envoyés. Ca ne veut pas forcément dire que chaque coïncidence est un signe mais chaque nouvelle idée mérite d’être étudiée.

Pourquoi avez-vous décidé de tout lâcher pour partir à l’autre bout du monde?

boulanger

« Bénédicte: On était boulangers et on travaillait beaucoup. Au bout de 10 ans de travail acharné on commençait vraiment à être fatigués. On gagnait bien notre vie mais le rythme était trop intense. On courait tout le temps et on avait l’impression de ne plus passer de temps avec nos enfants. On en a parlé avec mon mari et on s’est lancé. On a vendu la boulangerie et on est parti. »

C’est vrai qu’on est de plus en plus pris par notre vie professionnelle. On passe l’essentiel de notre semaine au travail, que dis-je de notre vie… Certains partent de la maison quand les enfants ne sont pas encore réveillés et reviennent une fois qu’ils sont déjà couchés. Je pense qu’il est important d’avoir une sérieuse réflexion sur l’équilibre de nos vies. Je conçois que c’est important et que de nombreuses personnes prennent leurs objectifs professionnels très à coeur mais la vie ne s’arrête pas là. Notre travail n’est qu’une partie parmi d’autres de nos vies. La famille, le santé, la spiritualité sont autant de catégorie qui devraient être aussi importantes que notre travail.

Quels ont été les étapes de votre déménagement ?

« Fred, mon mari est venu seul dans un 1er temps pour trouver un terrain à acheter. On cherchait près de la plage mais les prix étaient trop hauts par rapport à notre budget. On a été un peu plus loin dans les terres, (à une dizaine de minutes en voiture de la plage). Au début, il n’y avait pas grand-chose ici. La ville commence à se développer, on est plutôt contents de notre choix.

On y a acheté une parcelle de plusieurs hectares. On y a fait construire la villa dans laquelle on vit actuellement, une 2ème qu’on fait louer tout au long de l‘année et encore une pour ma mère qui vient environ tous les 6 mois. Le reste du temps elle la fait louer à des touristes venant de Dakar ou de l’étranger.

On a trouvé un constructeur par le bouche à oreille. C’était le beau frère de notre femme de ménage pendant notre 1 er séjour. La maison était prête en 8 mois.

On a fait le voyage mais on ne pouvait pas encore s’y installer on n’avait pas meublé la maison. On a loué une maison pendant ce temps. On payait environ 700€ par mois. Ensuite on a tout fait venir de France dans un container. »

La vie professionnelle

Comment s’est passé l’insertion professionnel?

« Au début, on a fait une pause d‘un an et puis on a commencé à tourner en rond. On a commencé à se marcher sur les pieds avec mon mari. Du coup on est allé voir si on avait besoin de boulangers. Il se trouve que le propriétaire de la boulangerie où Fred travaille actuellement est le papa d’un camarade de classe de mon fils. Il lui a parlé et il a accepté. »

« On a l’impression que tout se range naturellement. Certaines fois le plus difficile c’est de faire le 1er pas. »

Vous n’auriez pas préféré ouvrir votre boulangerie comme en France?

« Bénédicte. Ça aurait été plus difficile de s’installer directement. On ne connaissait pas les fournisseurs et on n’avait pas le réseau non plus. Pour ouvrir un business il faut avant tout connaitre les habitudes des consommateurs. On n’avait pas le recul nécessaire. Et puis c’est un choix de vie ! C’est clair qu’on ne gagne pas aussi bien notre vie qu’avant mais au moins on a le temps de vivre. Fred travaille de 4h a 9h et moi je suis à mi-temps. Peut être qu’un jour on se relancera dans l’aventure mais le moment n’est pas encore venu. »

Bénédicte aborde ici, le fait de connaitre le milieu dans lequel on projette de faire du business. Etre expat et particulièrement dans un pays d’une culture aussi éloigné que le Sénégal signifie qu’il faut se conformer aux habitudes locales. Le terrain ne doit pas être négligé au profit de la pure stratégie.

  • Il faut connaitre les habitudes des personnes qui vivent sur place:
  • Le réseau de distribution,
  • Qui seraient les clients ?: les locaux, les expats, les familles, etc
  • A quoi il faut s’attendre de la part des employés?

Le Sénégal est un pays en développement où il y a encore beaucoup de choses à faire. Sans arrière pensé négatives, et sans vouloir dénigrer le Sénégal et les sénégalais, c’est comme si on était encore dans les années 80 en France. Les opportunités d’investissement sont presque infinies. J’aborderai à la fin de cet article les secteurs d’investissement qui me paraissent interessants aux dires des sénégalais eux même.

Combien ça coute de faire construire une villa ?

Quitter la France pour avoir un meilleur niveau de vie

Pour être large je dirais 120 000€ avec la piscine, les meubles, le puit et les panneaux solaires.

Je fais louer ma villa 50€ la nuit. Comme il fait beau tout le temps elle est louée quasi toute l’année par des touristes ou par des Dakarois venus passé un week end.

Les taxes sont beaucoup moins importantes qu’en France.

La vie de famille

Comment les enfants ont vécu leur nouveau statu d’expat au Sénégal ?

Ça a été assez difficile avec mon deuxième. Il est autiste Asperger. Il a eu du mal à s’intégrer. Il était souvent seul et pleurait tous les matins avant d’y aller. On a dû les changer d’école. Ils sont dans une école alternative et ça se passe beaucoup mieux. Ça nous coute 500€ tous les mois. C’est très cher pour le Sénégal, mais c’est une bonne école. Le niveau est bon et on est soulagé que nos enfants s’y sentent bien.

Et puis on fait pas mal de chose qu’on ne pourrait pas se permettre si on était resté en France. On va souvent faire du quad ou du cheval et on a du soleil presque toute l’année. Je fais du tennis à mon temps perdu. J’ai une femme de ménage qui vient plusieurs fois par semaine. Elle s’occupe de l’entretien des maisons que je fais louer et des repas pour les clients lorsqu’ils le demandent.

Vous ne regrettez pas d’avoir quitter la France pour le Sénégal ?

Pas du tout. Je retourne en France une fois de temps en temps pour voir la famille mais c’est suffisant. Les gens y sont moins tolérants, je trouve. Et puis on n’a plus l’habitude du froid. Fred mon mari n’y est pas retourné depuis 4 ans. J’aime voyager. Si je m’écoutais je serais encore parti dans un autre pays.

L’avis d’une Expat au Sénégal

Qu’est-ce que tu trouves dommage ici ?

  •  Je trouve que les Sénégalais ne font pas assez attention à leur pays.

Ils jettent leurs déchets un peu n’importe où. Ils ne sont pas trop écolo. Ça m’a un peu choqué au début c’est vrai. A l’entrée de certaines villes il y a des déchetteries à ciel ouvert, c’est dommage.

C’est vrai que l’écologie n’est malheureusement pas à l’ordre du jour dans les pays du sud. Question de budget surement et de mentalité aussi.

  • La culture du travail est différente ici.

Les gens font le minimum et ne sont pas très ambitieux. En tous cas c’est ce que je constate à la boulangerie. Les différentes équipes ne sont pas aussi solidaires que ce qu’on a pu voir en France. Si la 1ere équipe a terminé elle laisse la 2ème se débrouiller. Je trouve ça dommage parce que je trouve qu’ils pourraient s’intéresser et apprendre de nouvelles choses. Ce manque d’ambition rend mon mari très triste.

Comment tu trouves le système de santé ici au Sénégal ?

système de santé sénégal

Les soins ici sont assez chers. Il faut compter une 30ene d’euros pour une consultation. Bien sur rien n’est remboursé. Pour une hospitalisation je pense qu’il faut compter une 100ene d’euros par jour.

Il me vient une anecdote à ce sujet. Un jour mon plus jeune fils est venu me voir pour se plaindre d’un mal de ventre. A voir son visage blême j’ai vu que c’était sérieux. Alors j’ai instinctivement pris la décision de l’emmener consulter. Je suis allé à la clinique la plus proche, mais elle était fermée. C’était le jour de la fête de la Tabaski (la fête du mouton). Une des fêtes les plus importantes au Sénégal. J’ai été dans une 2nde clinique. Fermée ! Je les ai toutes faites dans le coin.

Voyant mon fils allongé sur la banquette arrière, J’ai décidé d’aller à Dakar situé à environ 50 minutes. J’arrive à la clinique. Aucun médecin ! Je commence vraiment à avoir peur. Je repars vers une autre. Là aussi l’infirmier me dit qu’aucun médecin n’est présent en raison de la fête. Il propose gentiment de voir avec un de ses amis médecin. Il l’appelle alors qu’il était en famille. Il avait compris qu’il s’agissait d’une urgence. Il accepta de consulter mon fils dans son cabinet. L’infirmier s’est proposé de nous accompagner pour nous montrer le chemin. La morale de l’histoire : Ne tombez pas malade le jour de la Tabaski

Les points positifs d’être expat au Sénégal

Les gens

Le surnom du Sénégal est le pays de la « Teranga » qui signifie « hospitalité » en Wolof. Les gens sont particulièrement accueillant ici. Les gens sont vraiment très gentils. Nous n’avons jamais rencontré de problèmes depuis que nous y sommes.

Les opportunités.

« Je pense que le pays propose des opportunités vraiment exceptionnelles pour les investisseurs. Le niveau d’investissement est raisonnable pour une rentabilité élevée. Je suis très contente de mon investissement. »

Cette partie de l’Afrique est stable. La monnaie est le CFA donc facilement convertible car elle est adossée à l’euro et bénéficie donc d’une confiance accrue. cliquez sur ce lien pour en savoir plus sur les avantages et les inconvénients du franc CFA

D’après les échanges que j’ai eu avec les locaux beaucoup de secteurs sont porteurs:

  • L’import export de pneus, de pièces pour les voiture, l’électronique, les meubles
  • L’immobilier
  • Les applications pour les locations de voitures ou de livraison de repas par exemple.
  • La restauration

Ces idées ne sont que des propositions qui méritent d’être étudiées avec les savoirs faire de chacun.

On a pu voir, à travers le récit de Bénédicte que tout n’est pas forcément parfait. On abandonne certaines choses et on doit s’adapter à de nouvelles. L’expatriation est un choix difficile. Le tout est de savoir où sont nos priorités. Bénédicte et sa famille ont décidés de privilégier leur vie de famille et leur sérénité d’esprit au détriment de revenus très confortables.

J’espère que cette histoire vous aura inspiré ou bien qu’elle vous aura tout simplement fait rêver.

  • Dites-moi en commentaires si vous aussi vous rêver de prendre le large. Pour 2 semaines ou peut-être pour toujours.
  • Dans quel endroit ?
  • Si non qu’est-ce qui vous en empêche ?
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